Mes débuts

Il y a des moments qui ne paient pas de mine sur le coup et qui, sans prévenir, changent tout.

Le mien commence pendant le premier confinement. Un mois enfermée à la maison de campagne de mes parents. Les journées se ressemblaient un peu toutes, avec ce mélange étrange de lenteur, d’incertitude... et d’envie de faire quelque chose de mes mains.

Je me revois encore dans cette cuisine. Un peu perdue, un peu curieuse. J’avais trouvé une recette de gâteau glacé vanille/spéculos. Rien de très clair, rien de très précis… mais ça m’intriguait.

Je me souviens très bien de ce que j’ai dit à ma mère ce jour-là, presque en haussant les épaules :
“J’ai trouvé cette recette-là… je vais essayer ça. J’ai mis des cornflakes au milieu, je refais la même chose au-dessus… je le mets au congélateur… on verra bien ce que ça donne. Au pire, on ne perd pas grand-chose.”

Franchement ? Je n’y croyais pas vraiment moi-même.
Et ma mère encore moins. Elle était là, un peu sceptique, à me regarder faire mes mélanges un peu au feeling.

Ce n’était pas parfait, ce n’était pas maîtrisé. C’était du test pur, quasiment comme du bricolage.

Je me rappelle ce moment où je l’ai mis au congélateur. Comme si je déposais une idée en pause. Sans savoir si elle allait revenir… ou disparaître.

Et puis il y a eu le moment de vérité.

On l’a sorti, coupé et goûté.

Silence, puis cette sensation immédiate : c’était bon. Vraiment bon. Même meilleur que ce que j’avais imaginé.

C’était frais, gourmand, réconfortant.
Il y avait ce côté croustillant inattendu des cornflakes, la douceur de la vanille, le caractère du spéculos… tout fonctionnait.

Je crois que c’est à ce moment précis que quelque chose s’est passé en moi.

Pas un déclic spectaculaire. Pas une révélation hollywoodienne.

Juste une petite voix intérieure qui dit : “Ah… ça, c’est intéressant.”

C’était simple. Spontané. Presque innocent. Mais c’était le début.

Le début de cette aventure.
Le début de mes gâteaux glacés.
Le début de quelque chose que je n’aurais jamais pu prévoir depuis cette cuisine de campagne.

Comme quoi…
Parfois, tout commence avec un “on verra bien”.